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Nuages, halos, arcs-en-ciel Hémisphère nord, latitudes tempérées
Nommer le ciel Atlas d'observation
Étage moyen, de 2 à 7 km

Altocumulus, altostratus, nimbostratus

C'est l'étage des décisions. Selon que le ciel se remplit de galets ombrés ou d'une nappe grise et lisse, la journée finira en simple couverture nuageuse, en averses d'orage ou en pluie continue.

  • Trois genres sur dix
  • Abréviations Ac, As, Ns
  • Eau surfondue et cristaux mêlés
Nappe d'altocumulus stratiformis en galets réguliers et ombrés, séparés par de minces couloirs de ciel clair
Altocumulus stratiformis : des galets de 1 à 5 degrés de large, avec une face grise. L'ombre est ce qui le distingue du cirrocumulus.

Entre 2 et 7 km sous nos latitudes, la température oscille autour de zéro. L'eau y reste souvent liquide en dessous de son point de congélation, à l'état surfondu, et gèle instantanément au moindre choc. Cette composition mixte donne aux nuages de l'étage moyen une matière plus dense que celle des cirrus : ils portent des ombres, et ils commencent à masquer le soleil.

  • 2 à 7 kmHauteur de l'étage moyen sous nos latitudes
  • 1 à 5°Largeur apparente des galets d'altocumulus
  • 0Halo : l'étage moyen n'en produit pas

L'altocumulus : des galets qui portent une ombre

L'altocumulus se présente en bancs ou en nappes de galets, de rouleaux ou de lamelles. Le critère de tri est purement géométrique : bras tendu, ses éléments couvrent entre 1 et 5 degrés, soit entre un doigt et trois doigts serrés. En dessous d'un doigt, c'est un cirrocumulus ; au-delà de trois doigts, un stratocumulus. Second critère, tout aussi net : l'altocumulus est ombré, il a une face grise et une face claire.

Ses espèces se lisent à la silhouette. Stratiformis couvre le ciel en nappe étendue. Lenticularis dessine des lentilles aux bords lisses. Castellanus porte des tourelles verticales qui poussent depuis une base commune. Floccus ressemble à de petits flocons effilochés par le bas.

Le signe du matin

Des altocumulus castellanus ou floccus repérés en début de matinée indiquent que l'air de l'étage moyen est déjà instable. Quand la journée chauffe, cette instabilité descend vers les couches basses et alimente les développements verticaux : c'est l'un des rares signes visuels qui, sans instrument, augmente sérieusement la probabilité d'orages l'après-midi. Le ciel ne promet rien, mais il prévient.

Ciel pommelé et femme fardée ne sont pas de longue durée. Proverbe météorologique français, sur l'altocumulus

Le dicton dit vrai pour une raison simple : un ciel couvert de galets ombrés signale une couche d'air humide et instable en altitude, situation typiquement transitoire, qui précède un changement de temps dans les heures qui suivent.

Altocumulus lenticularis en lentilles empilées aux bords parfaitement lisses, immobiles au-dessus d'une crête montagneuse
Altocumulus lenticularis : le nuage reste immobile, l'air le traverse.
Nappe grise et uniforme d'altostratus derrière laquelle le soleil apparaît comme une tache floue, sans ombre portée au sol
Altostratus : le soleil se devine comme derrière un verre dépoli.

Le lenticularis, un nuage qui ne bouge pas

Quand un vent régulier franchit un relief, il se met à onduler en aval, comme l'eau d'une rivière après un rocher. Au sommet de chaque ondulation, l'air monte, se refroidit, et sa vapeur se condense ; au creux, il redescend, se réchauffe, et le nuage s'évapore. Le résultat est un altocumulus lenticularis : une lentille aux bords lisses, parfois empilée en plusieurs disques, qui reste apparemment figée au même endroit pendant des heures.

Cette immobilité est une illusion utile. Le nuage ne se déplace pas, mais l'air, lui, le traverse en permanence : il se forme sans cesse d'un côté et se dissipe de l'autre. Les pilotes de planeur cherchent ces nuages parce qu'ils marquent des ascendances puissantes ; les mêmes ondes rendent le vol en avion inconfortable au voisinage des montagnes.

Altostratus et nimbostratus : la question de l'ombre

L'altostratus est une nappe grise ou bleutée, striée ou uniforme, qui couvre tout ou partie du ciel. Il laisse voir le soleil vaguement, comme à travers un verre dépoli, mais il ne produit ni halo ni ombre portée au sol. C'est le stade suivant du cirrostratus dans une perturbation qui s'approche.

Le nimbostratus est le même nuage devenu épais, sombre et pluvieux. Le soleil disparaît complètement. La pluie ou la neige tombe de façon continue, sur des heures. Sa base est souvent rendue floue par les précipitations elles-mêmes, et des lambeaux gris déchiquetés courent en dessous : ce sont des nuages annexes appelés pannus, formés dans l'air humidifié par la pluie.

Trois nappes grises, trois diagnostics
Question Cirrostratus Altostratus Nimbostratus
Voit-on le soleil ? Nettement, contour net Vaguement, contour flou Pas du tout
Y a-t-il une ombre au sol ? Oui Non Non
Halo Oui Non Non
Précipitations Aucune Faibles, parfois en virga Continues, plusieurs heures
Base du nuage Indéfinissable Indéfinissable Floue, avec lambeaux de pannus

Virga : la pluie qui n'arrive pas

Sous un altocumulus ou un altostratus, on voit fréquemment des traînées grises descendre en oblique et s'arrêter en cours de route. Ce sont des virga : des précipitations qui s'évaporent avant d'atteindre le sol, parce que l'air en dessous est trop sec. Leur incurvation trahit un cisaillement, c'est-à-dire un changement de vent entre deux niveaux. Un ciel plein de virga est un ciel sec en surface, quelle que soit l'épaisseur des nuages au-dessus.

À retenir

Des galets ombrés de 1 à 5 degrés : altocumulus. Une nappe grise qui laisse deviner le soleil sans donner d'ombre : altostratus. La même nappe, plus sombre, avec de la pluie continue et des lambeaux en dessous : nimbostratus. Si le soleil reste net et qu'un anneau l'entoure, vous êtes remonté à l'étage supérieur.

Couche épaisse et sombre de nimbostratus donnant une pluie continue, avec des lambeaux gris déchiquetés courant sous sa base
Nimbostratus : le soleil a disparu, la base est floue, la pluie est installée pour plusieurs heures.

Où passe la frontière avec les autres étages

Le nimbostratus est officiellement rangé dans l'étage moyen, mais il est le seul de sa catégorie à s'étendre très largement en hauteur : sa base descend souvent sous 2 km tandis que son sommet atteint l'étage supérieur. La classification tranche par la composition et l'aspect, pas par la hauteur mesurée. C'est aussi pourquoi le cumulonimbus, qui occupe les trois étages, ne se range dans aucun.

Le piège inverse existe. Une nappe de galets ombrés très bas, aux éléments larges de plus de trois doigts, n'est pas un altocumulus mais un stratocumulus. Dans le doute, mesurez : c'est un geste de deux secondes et il tranche presque toujours.

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